Certains aiment les livres comme on aime des personnes : ils les rencontrent, s'en éprennent, s'en déprennent, les caressent, les rejettent, les oublient, les traquent, les retrouvent, les possèdent et les perdent. Si la vie les empêche de les collectionner et de les enfermer dans la prison d'une bibliothèque, ils vont leur rendre visite ailleurs et parfois les enlèvent. ils les rêvent. Nous connaissions déjà chalamov l'écrivain des camps, le poète de la sibérie. Voici chalamov le lecteur, l'amoureux des livres, parmi les rayonnages de ses bibliothèques.
Un court texte, d'une rare densité, qui nous dit de multiples façons, notre bonheur et notre chance de pouvoir LIRE en toute liberté, dans une nation démocratique. Aller fouiner en librairie, en bibliothèque, comme des choses si évidentes que nous les pensons évidentes et éternelles…
J'achève le ressenti de ce coup de coeur par les mots très significatifs de l'écrivain russe : « Les livres sont des êtres vivants. Ils peuvent nous décevoir, nous distraire. Il y a dans la vie de tout homme cultivé un livre qui a joué un grand rôle dans son destin. (…)Les livres sont ce que nous avons de meilleur en cette vie, ils sont notre immortalité. » (p.53-54)